1785-1920
VI – L’ère des meuniers

sont successivement propriétaires du moulin de Corzé
On a vu au chapitre précédent qu’Anne Macé avait mis en vente le moulin par adjudication. Et qui remporte l’adjudication du lundi 7 mars en cette année 1785 ? Quatre ans avant la Révolution, sept ans avant l’abolition totale du régime féodal par la Convention, pour la première fois depuis sa construction au XIe siècle, c’est un meunier qui devient propriétaire du moulin en la personne de François Michel Baudinier, alors âgé de 30 ans.
Son père était meunier au moulin des Ifs à Montsûrs, paroisse du Maine (aujourd’hui département de la Mayenne), lui est né à Chammes, dans la même paroisse. Après avoir emporté la vente aux enchères du moulin de Corzé en 1785, il se marie une première fois en février 1789 à Daumeray avec Anne Helau. Celle-ci accouche le 20 novembre suivant d’une petite fille mais décède, sans doute des suites de l’accouchement, le 17 décembre. La fille ne survivra pas non plus.
François Michel Baudinier se remarie en juin 1790 avec Perrine Huet. Il décède à 51 ans à Montreuil-sur-Loir, en 1806. Le couple a eu deux enfants, Magdeleine et François René. Celui-ci, né en 1793, ne suivra pas la tradition familiale et deviendra huissier rue Saint-Laud à Angers. François Michel Baudinier était propriétaire du moulin mais il demeurait à Daumeray, puis à Montreuil-sur-Loir à son décès, il n’était peut-être pas l’exploitant direct.
Perrine Huet, la seconde femme de François Michel, se remarie en juin 1808 avec un autre meunier, Mathurin Louis Cochin. Les enfants de François Michel ont hérité du moulin (1), ils le revendent à leur mère et leur beau-père (2) à une date indéterminée, sans doute peu de temps après le remariage de celle-ci. Mathurin Cochin est bien “meunier au moulin à eau de Corzé”.
Leur fille, Rosalie Cochin, née en 1810, se marie en 1828 avec Henri Pierre Simon, un marchand marinier de Durtal, elle hérite du moulin à la mort de son père (3). L’année 1841 voit la disparition coup sur coup de Rosalie puis Henri Pierre. Ils avaient confié l’exploitation du moulin à un meunier dont on ignore l’identité. Leurs filles, les “demoiselles Simon”, Joséphine et Marie, héritent du moulin (4) (leur sœur Clémentine s’était mariée et avait dû utiliser sa part d’héritage en dot). Joséphine et Marie sont élevées par leurs grands-parents Henri Simon et Marie Seigneur. Après le décès de leur grand-père en 1850 puis de leur grand-mère en 1854, le moulin est vendu le 5 décembre de cette année-là à Honoré Rabault (5).
Charcutier à Angers, celui-ci est né à Andard, de Marie Rabault et de père inconnu. Il s’était marié une première fois en 1842 avec Marie Baillif, dont il aura un fils, Alfred, qui sera négociant dans la Vienne. Veuf en 1849, le charcutier s’est remarié avec sa belle-sœur, Justine Baillif, en 1851. Mais le moulin ne change pas complètement de famille : Marie et Justine Baillif, les épouses successives d’Honoré Rabault, avait une sœur ainée, Françoise, mariée à François Simon : même si le lien n’est pas direct, les “demoiselles Simon” appartiennent à l’entourage familial d’Honoré Rabault.

Honoré Rabault et sa seconde femme Justine donne naissance à un garçon, Georges, en 1853, un an avant l’acquisition du moulin. Une annonce parait dans le Petit Courrier, le journal angevin, le 31 décembre 1894, à la recherche d’un meunier pour le 1er novembre 1895. Mais la mort frappe Honoré le 22 avril de cette même année (sa femme Justine lui survivra jusqu’en 1906)

Georges hérite du moulin (6) dès le décès de son père. Receveur de l’administration fiscale à Durtal ces années-là, il cherche dès le mois suivant à vendre ou à louer le moulin. Il est alors receveur de l’administration fiscale à Durtal. Finalement, il ne trouve pas d’acheteur mais le loue sans doute, le moulin reste en tout cas sa propriété jusqu’en 1920.
C’est à cette époque qu’il trouve à le vendre à Camille Girardeau.



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